Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

EST-CE QUE TU VIENS POUR LES VACANCES?

Voilà près d’une semaine que j’angoisse terriblement à l’idée d’être enfin en vacances…. Car si le commun des mortels attend le mois de juillet toute l’année, pour ma part, je crains son arrivée presqu’autant que celle d’un islamiste de Sharia4Belgium à Zaventem un 11 septembre... C'est vous dire.

De prime abord, vous vous figurerez peut-être un horrible rabat-joie asocial et allergique au soleil à cause de sa peau de roux, gêné d’exposer son corps blanchâtre et disgracieux sur les plages… Mais, rassurez-vous, il n’en est rien: Si j’ose adopter cette posture trouble-fête, ce n’est pas tellement par haine des vacances mais plutôt par appréhension des vacanciers! Car s’il y a une chose qui peut polluer votre environnement enfin débarrassé des contraintes journalières par une suite de monstruosités plates et banales, ce sont bien les vacanciers. Certaines de mes relations peuvent se distinguer par leur train de vie emprunt d’originalité ou de bon goût bien senti, mais, tous, adopteront, dès la fin du mois de juin, un comportement insupportablement vacancier m’obligeant à rompre avec eux tout contact exempté d’alcool à 40 degrés ou de substances que je suis obligé d'acheter 50 euros le gramme.

Signe avant-coureur de ce comportement général soudainement prosaïque, la percée sur le marché de tubes de l'été grotesquement répétitifs vendant du rêve sauce californienne aux laiderons fraîchement débarqués à Lloret de Mar. Cette année, le fameux Call me maybe  (si vous ne le connaissez pas, votre heure viendra) ouvrant le bal avec son clip rempli, tantôt de pom-pom girls peu vertueuses, tantôt de mannequins gonflés à l’hélium remuant leur fessier avec autant de brio que Frank Ribéry en finale de Des chiffres et des lettres. Le tout pour faire passer la pilule d’une chanson moisie que tout le monde aura oublié dès la sortie du prochain Pitbull, qui, lui, il faut l’avouer, est un garçon doté de nombreux talents…

Mais ce n’est que la bande originale de phénomènes bien plus préoccupants. A commencer par la pression sociale m’obligeant à participer, dès la fin du mois de juin, aux traditionnels Apéros urbains, rassemblant une part plus ou moins importante, selon la localisation, d’anciennes fréquentations à qui je n’ai rien à dire… une flopée de vacanciers naissant, heureux  de peupler les places et les parcs des grandes villes de Belgique, à défaut d’avoir pu foutre le camp ailleurs, et de profiter de dj sets orchestrés par Radio Contact avec la présence "exclusive" de célébrités de ménagères telles que Gérald et Joëlle de Sans Chichis qui vous serviront des Mojitos dans des gobelets réutilisables mal lavés dont le fond rappelle encore l’haleine chargée de votre prédécesseur.

Avec le début du mois de juillet vient la multiplication des festivaliers. Ces grands adolescents attardés que la mélomanie pousse à mélanger fluides corporels et alter-mondialisme au milieu de grands champs de boue, s’imaginant les dignes représentants du Woodstock moderne assaisonné à la Dubsteb Minimal Drum and Bass Techno Pop Raga Underground…. et dont les bras juvéniles sont couverts de bracelets loqueteux conservés fièrement (se défiant, des semaines entières, de toute hygiène corporelle minimale) entre un "power-balance", un bracelet d’amitié, une Ice Watch ou un poignet de force. Bref, un amas de grigris à la seule vertu de faire perdre de l’argent et de la crédibilité à quiconque les acquiert! J’appréhende déjà leur condescendance, je les vois snober mes bras vierges en se demandant ce que j’ai bien pu faire d’autre d’intéressant cet été.

Moi, leur répondrai-je, en été, j’étudie ou je travaille! Et mon argument a fait ses preuves: "Je suis en vacances toute l’année" même si j’ai bien du mal à m’en convaincre…. Ce sont particulièrement mes contacts Facebook qui me rendent la tâche ardue, en exhibant leurs albums de vacances sur mon fil d’actualités: un nombre impressionnant de photos filtrées Instagram, du traditionnel parc Güell  façon Romain Duris et carrelages moches, au ski nautique du Club Med d’Agadir en passant par le non moins courant "cubi de rosé à la côte d’Azur avec tous les potes et notre T-shirt rose moulant qu’on vient d’acheter parce qu’on est trop des déconneurs"!…. Tout ce qui me donne une nausée persistante et me convainc chaque année un peu plus de les supprimer de ma liste d’amis…. L’utilité principale de ces photos de vacances étant d’y dénicher LA photo de profil qui fera votre joie pendant les 6 mois à venir en vous faisant passer aux yeux de tous pour une déesse/un dieu à la peau satinée et hâlée qui, soit dit en passant, a retrouvé son pristin état dès le troisième jour passé en Belgique!

La première chose que le vacancier cherche à savoir, une fois débarqué, est l’emplacement du Burger King le plus proche ou du Zara le plus grand afin de continuer à consommer la même bouse que chez lui qui prend soudainement des saveurs exotiques par le simple fait des 35 degrés ambiants. C’est aussi ça la magie des vacances! Il ne pourra rentrer à son domicile légal sans avoir fait l’acquisition de superbes lunettes estampillées Rey Beni ou Dolca and Gabane acquises à fort bon prix à un marchand ambulant, capable d’embarquer sa marchandise sur son dos en 4 secondes chrono au cri de "Polizia"!

Il me faut enfin maudire les vacanciers humanitaires, bien souvent les mêmes que ceux qu’on rencontre dans les concerts de Ziggy Marley ou du peuple de l’Herbe des premiers festivals, touchés par le sourire d’un enfant couvert de mouches en première page du magazine UNICEF, récoltant de l’argent pour la construction d’un puis au Saël, persuadés qu’ils changeront la face du monde en apprenant à pêcher au paysan de Ouagadougou… L’intention, aussi louable soit-elle, est aussi peu durable. De retour au pays, c’est la grogne dès que l’on ose parler de réduire un tant soit peu leur confort de vie aseptisée par les firmes pharmaceutiques qui testent leurs produits sur le même paysan, et désormais pêcheur, de Ouagadougou.

Le vacancier est de la merde dans une chaussette Lafuma, une ignominie exceptionnellement bronzée. Heureusement, cette année, J’ai trouvé la parade: à défaut de pouvoir le supporter un an de plus, je fais tout pour en être un, moi aussi… Alors, en attendant la rentrée, mes condoléances à Jean-Michel Larqué, et, comme dirait Laurence Ferrari (ou était-ce sœur Emmanuelle?): Yalla!   

Jean-Benoît Gérard

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
Mouahaha, merci j'ai bien ri :) Mon Dieu que c'est mauvais esprit...et vrai ^^
Répondre