Je profite de mon célibat et, dès lors, de mon avis objectif en la matière (et surtout de ma liberté de parole), pour traiter de l’objet de mon attirance sexuelle. Objet…euh...Sujet que les intellectuels ont coutume d’appeler "demoiselle", "égérie", "nymphe", "lolita" (Larousse 2012) "Zahia" (Lablonde 2011) ou encore "femme de chambre" mais plus populaire sous son qualificatif affectueux… Ensemble, donc, abordons la "Bonasse"! Je tenterai d’être cohérent et d’employer le moins possible le terme "femme" seul car il englobe celles dont la physionomie peu aguichante, le visage aux traits grossiers, l’excès de peau d’orange ou la poitrine tombante ne méritent pas d’autre attention que celle qui leur est réservée par la rubrique Bien être de Femme d’aujourd’hui, par la firme Haagen Dazs ou par leur mari en quête d’une chemise propre et repassée.
Bien entendu, je vois déjà poindre une horde de protestataires excitées par mes paroles exagérées me qualifiant de machiste nauséabond aux idées d’avant-guerre… Mais c’est au terme de mon exposé que vous comprendrez, j’en suis persuadé, la forme de mon propos. Si j’en suis arrivé à une considération si discriminatoire et si peu flatteuse et poétique du sacrosaint Graal féminin c’est avant tout parce que je suis une victime! Victime d’une évolution personnelle centrée, malgré moi, sur la femme comme cause de ma perversité et de ma misogynie.
Dès mon plus jeune âge, je fus bercé par de multiples contes de fées. Ceux-ci mettant tour à tour en scène une fillette attaquée au coin d’un bois par un prédateur déguisé en grand-mère, un barbu décadent séquestrant ses épouses successives dans une chambre close, une jeune fille au pair prenant du LSD dans les bois partie s’isoler dans la chaumière de sept mineurs lui imposant leurs tâches ménagères…et bon nombre d’autres atrocités qui, avec le recul, auraient pu figurer au sommaire d’un Devoir d’enquête spécial Halloween.
En ces temps immémoriaux, les idoles des filles de ma génération étaient Victoria Beckham, Baby Spice et Mel B, sortes de poupées Barbie qui seraient tombées dans l’héroïne à 16 ans, fredonnant des refrains pernicieux comme celui de leur tube Si tu veux être mon amant nous demandant littéralement "dis-moi ce que tu veux vraiment, je te dirai ce que je veux vraiment, ce que je veux ce que je veux, je veux du Zig à Zig ha (...)"…Avouez qu’il y a de quoi être troublé!
Il n’empêche, mon éducation parentale et scolaire dont il ne restait du catholicisme que les racines (les branches étant mortes, les fleurs fanées et les pommes tombées bien loin de l’arbre) aurait pu adoucir quelque peu ce genre d’influences dépravées si je n’avais été amené à m’amouracher, plus tard, de bimbos pré-pubères défiant perpétuellement mes enseignements jésuites.
Alors que ma préoccupation principale était encore de devenir le meilleur dresseur, de faire tout pour être vainqueur et gagner les défis, de perfides nymphettes vinrent reléguer mon plus beau trésor au rang de vulgaire tas de cartes brillantes et moi à celui de débile profond qui aurait passé un été à bronzer au pied du réacteur 3 de Fukushima-Daichii. Celles-ci semblaient bien plus difficiles à attraper que les Pokémon mais la promesse de leur évolution me poussait irrémédiablement à m’imaginer jouer avec elles au niveau suivant. L’évangélisation scolaire se montra à nouveau inutile et ne servi au contraire qu’à me pousser un peu plus dans les griffes du pêché à la vue de certaines petites effrontées venues réciter devant la classe du Maurice Carême en robe d’été: jamais un Carême ne m’avait donné autant faim! Rassurez-vous toutefois, mon attirance d’alors ne me venait d’aucun réseau, n’en déplaise à Laurent Louis l’apparenté, j’avais le même âge qu’elles!
Avec l’adolescence s’engagea le combat pour la conquête du continent sacré, ce Nouveau Monde situé en dessous de la ceinture du feu. Tel Christophe Colomb, Magellan et James Cook je mis les voiles loin de chez moi, suivant les indications de ma longue vue en domptant le mou sans virer de bord… Cette lutte effrénée ne me donna enfin du répit qu’au moment où je décidai de cesser la Croisade et d’intégrer le camp des Infidèles.
C’est dans cette guerre d’influence que j’appris à connaitre mon adversaire et à me méfier de sa délicatesse de surface: sa faiblesse était sa force! Ne l’oublions pas, la féminité changea le Front national en une arme redoutable parce que blanchie, lavée en surface mais d’autant plus insidieuse et dangereuse. La féminité a l’intelligence de l’apparence, ce qui vaut bien plus que l’apparence de l’intelligence… Si les femmes régnaient le plus souvent dans l’ombre, aujourd’hui elles font de l’ombre aux rois: à l’image d’une Christine Lagarde conquérant le monde à la pointe de ses Louboutin vernis et dont l’austérité du tailleur Chanel ne vaut que celle des Etats qu’elle soumet à sa volonté! Face à ses dames à l’ambition sans limite, nous ne pouvons rivaliser, emprisonnés dans nos désirs charnels de Bunga Bunga. Suite à un tel constat, j’opérai une scission au sein des ingénues que je fréquentais entre celles dont je devais me méfier et celles qui ne se méfiaient pas de moi. Si seulement DSK avait pu tirer cet enseignement plus tôt, il aurait fait un président qui, à défaut d’être normal, aurait été, si j’ose dire, un peu plus bandant…
Mais enfin, il me faut vous l’avouer, la raison principale de ma posture volontairement réductrice de l’être chéri, c’est la crainte d’une soumission, à terme, de nos braves guerriers aux bonnes grâces d’une armée d’amazones aux poings de fer gantés de velours. Malheureusement pour vous mesdemoiselles, il persiste quelques Siciliens, mormons, salafistes, talibans et autres Iraniens exaltés très peu en phase avec vos ambitions... Mais lorsque le conflit opposant la barbarie à la féminité cessera, s’il vous plait, soyez compréhensives, nous vous offrirons encore plus de choses chères et sans intérêt, c’est promis, seulement, de grâce, laissez-nous le foot, la bière, le Tour de France, le whisky la DH et les Playboy, sans quoi nous dépéririons! D’ici-là, rassurons-nous, le mariage gay sera reconnu en Arabie Saoudite, Bachar El Assad et Vladimir Poutine ne seront plus qu’un mauvais souvenir et la Corée du Nord un paradis fiscal, Inch ‘Allah!
JB Gérard